Évangéliser… sur les rails

Durant le dernier Carême, une fois par semaine, le père Olaf a décidé de prendre le train. Voilà une information d’une banalité affligeante et qui, en plus, ne peut être considérée comme étant une « actualité brûlante. » Sauf que le père Olaf a fait autre chose que se déplacer d’un point A à un point B – en l’occurrence de Limbourg à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne -, il s’est mis à l’écoute des navetteurs. Il a évangélisé sur le rail.

Il est allé, comme le dirait le pape François, à la rencontre des périphéries. Rien à voir avec le tissu urbain! La périphérie, ce sont aussi ces hommes et ces femmes qui ont pris de la distance avec l’Eglise ou encore qui la connaissent mal voire pas du tout. Cela ne les empêche pas de se poser des questions: et si Dieu existait? Et si les idées qu’on en a à travers les « on dit » avaient été déformées? Et si on avait mal compris les messages souvent rabotés du pape?…

Des questions qui ne trouvent pas toujours de réponses parce qu’il n’est pas simple de les poser et surtout de trouver « la bonne » personne, le « bon » interlocuteur. Le père Olaf tel le pêcheur attentif au bord de la rivière a pu, très vite, se rendre compte que le « poisson » mordait à l’hameçon. Et ce, sans rien faire, sans appâter… Le père Olaf se contentant d’être là. Il est convaincu que son col romain a fait le reste.

Outre le col romain, le père Olaf était installé dans un compartiment, toujours le même en tête de convoi… disponible. Et la disponibilité, ça se sent. Le prêtre a constaté, à l’aller comme au retour, qu’il était très vite rejoint par des hommes et des femmes. Ensemble, ils ont parlé et pas de la pluie et du beau temps. Les navetteurs se sont confiés, ils ont questionné. Si ces navetteurs avaient choisi de s’adresser à ce prêtre plutôt que de tenter de capter le regard d’un voisin de compartiment quand il relève le nez de son livre ou de son iPhone, c’est parce qu’ils avaient des choses sur le cœur. Ils ont aussi senti qu’ils avaient, là, une oreille attentive à qui s’en remettre. L’oreille attentive est, aujourd’hui, aussi rare à trouver qu’une truffe, même dans le Périgord!

Ces navetteurs n’auraient sans doute jamais eu l’idée de franchir la porte d’une église pour espérer y trouver un prêtre. Ces rencontres ont été une véritable opportunité. Une aubaine qui les aidera, peut-être, à changer leur regard sur l’Eglise, à revoir leurs idées. Le père Olaf a été lui tellement convaincu du bien que sa présence apportait qu’il a prolongé ses navettes, son évangélisation sur le rail, au-delà du Carême. Il a voyagé, il a écouté jusqu’à la Pentecôte. A refaire en 2019?

Christine Bolinne, 
Chargée de Communication du diocèse de Namur
Editorial de la Newsletter du 4 septembre 2018
Avec l’aimable autorisation de l’auteur

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